
Les autres n'ont qu'à chercher la leur.
Ton bonheur, c'est un Smith & Wesson calibre 357 Magnum, modèle 686, 6 pouces, 6 balles, une bête.
Toi, tu as choisi.
Ce qui est plutôt bien.
Vendredi. Midi. Tu es couché dans ton ex-lit. Nu. Armé. Bourré.
Avant.
Tu étais au summum de ta vie : bon boulot, acheteur ; beau corps, 2 heures de fitness par semaine ; belle femme, brune, gros seins ; beaux enfants, des faux jumeaux, Jeanne et Victor ; belle bagnole, une mercedez class c break ; belle maison, 3 façades, voisins bourgeois sympas. Et ton sport préféré, la chasse. Ah que tu aimais ces fins de journée où, dans la cabane entre mecs, vous vous saoûliez en racontant des blagues cochonnes. Tu avais tout ce qu'on peut désirer. Et malgré cette misère sentimentale, sociale et culturelle, tu nageais dans le bonheur. Un bonheur plastique, superficiel, celui recommandé par toutes les chaînes télés.
Ding. Premier arrêt. Ton patron. Il te surprend en train de baiser sa femme, licenciement, 3 mois de préavis. Cornard.
Ding. Deuxième arrêt. Ta femme. Elle apprend le tout par une ex-collègue, licenciement, 2 heures de préavis, le temps de faire ta valise. Salope.
Ding. Troisième arrêt. Ton banquier. Il conseille ta femme, pas de préavis, comptes bloqués. Enfoiré.
Ding. Terminus. La rue. Avec ton doggy bag et ton 686. Tu es seul. Tu n'as plus d'amis. Crapules.
Ton ex-maison. Pan. La serrure ne résiste pas au calibre .357. Personne. Pas de bière dans le frigo mais du vin blanc. Mouton Rothschild 2003 à 50 euros la bouteille. Elle sait faire la fête.
Poûp. Au goulot. Glouglou. Cul sec. Re-poûp. Une deuxième, en douceur. C'est quant même un petit Jésus en culotte de velours qui te glisse sous la glotte.
Tu montes dans les chambres. Votre chambre. Ton ex-chambre.
Tu as bien fait de repeindre les murs couleur sang de boeuf l'été dernier. Ça fera moins sale quand elle viendra se coucher près de toi ce soir.
L'ascenseur qui mène de l'enfer au paradis ne fait pas "Ding" mais
Pan.
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